Maïeutique de la nature

2026
Cèdre, cuivre, pigments et béton teinté
425x125x125 cm

Maïeutique de la nature
Oeuvre réalisée dans le cadre d'une commande artistique de la Communauté d'agglomération du Libournais.
Oeuvre réalisée dans le cadre d'une commande artistique de la Communauté d'agglomération du Libournais.


Maïeutique de la nature
Sculpture pour l’entrée de la forêt de la Double
Note à l’intention des promeneurs

Son emplacement :

Suivant proposition de la Cali, la sculpture est posée à la fourche de deux routes. Elle apparaît comme une vierge de carrefour, là, à la croisée des chemins. Ces sculptures de croisement dont les services de l’Équipement ne savent que faire lors de leur transformation en rond point sont des invariants de la sculpture, des marqueurs, des bornes, pour indiquer la présence d’un chemin couvert par la broussaille ou la neige. Partout en Europe, des Dames ornent l’enfourchure des chemins. On s’y voue, on espère faire bonne route.

La fonction première d’une sculpture est d’être un avertissement. En Corée, des Jangseung, littéralement des gardiens de village, sont des sculptures totémiques en bois, censées chasser les démons. Au Bénin, des arbres vaudou marquent l’entrée des forêts sacrées.

Sa forme :

La sculpture  est réalisée en bois de cèdre, essence imputrescible pour garantir sa pérennité. C’est de ce même bois qu’a été façonné l’arche d’alliance. Sa forme totémique de 3 mètres de hauteur fait référence aux sculptures amérindiennes qui mêlent représentations animales et humaines.

Ici donc nous avons affaire à une chimère mi-louve mi-femme qui accouche d’un enfant.
Elle est composée de haut en bas d’une tête de loup aux yeux globuleux, qui tire la langue. De cette langue s’envole une colombe. La bête extirpe de son giron un homme, nouveau né.

La sculpture est « taillée à la serpe », c’est à dire à grands coups de tronçonneuse, puis finie à la hache et au ciseau à bois. La partie arrière de la sculpture, non travaillée est laissé brute. En contraste la face est peinte en rouge. La couleur rouge, complémentaire du vert contraste avec la végétation environnante et renforce sa dimension signalitique.

Le socle :

On ne peut cependant poser un bois sur le sol nu sans risque de dégradation. Il faut donner un socle à la sculpture. Il n'était pas rare jusqu'à la moitié du siècle dernier, qu'un sculpteur fasse appel à un collègue pour la réalisation de cette assise. En 1895, Rodin a supprimé le socle de ses sculptures, mais ce n'est pas une raison valable pour 130 années plus tard s’empêcher de revisiter cette pratique. C’est mon ami designer Marc Vernier qui l’a dessiné et réalisé en béton coffré teinté. Les nombreuses alcôves sont destinées à recevoir les offrandes des visiteurs : cailloux, plumes, feuilles, dessins en hommage à la déesse.

Son titre :

La maïeutique désigne en philosophie l'art de faire accoucher les esprits. La maïeutique de la nature autorise un renversement de l’ordre naturaliste. Par le jeu des formes, l’animal accouche d’un homme, ce n’est plus l’homme qui domine la nature mais la nature (la louve) qui nous aide à naître à nous mème. La langue de la louve c’est la colombe annonciatrice de cette renaissance. 

Filtres
Collection : Collection publique
Dimensions : Grande
Destination : Pour extérieur
Type : Bête
Matériaux : Matériaux divers
Périodes : 2026 > 2020
Disponibilité : Non disponible